Le "Café des Philosophes"
Chaque premier dimanche du mois de 16h. à 18h.
Au café "La Rafale" le 3 octobre 1999
Thème :
"Tabous et Interdits"
Le rejet de toute forme d’autorité n’est-il pas allé trop loin? A force de ne plus respecter l’autorité des parents, des maîtres, de la tradition culturelle, on laisse croire que tout se vaut. On dévalorise les notions de respect, de modestie, d’autocritique, sans lesquelles aucune paix véritable n’est possible, en soi comme à l’extérieur.
L’autorité n’est-elle pas nécessaire pour maintenir l’ordre, au niveau de la famille comme au niveau de l’État? Dans ce cas, n’est-ce pas un moindre mal?
"L’autorité de l’État n’est-elle pas légitime, si elle a pour fin la sécurité et la liberté des citoyens?" (
Spinoza).L’autorité parentale n’est-elle pas nécessaire à l’enfant, tant qu’il lui est impossible de comprendre le pourquoi de l’interdit? … Mais après?
L’autorité fondée sur l’expérience des maîtres ne mérite-elle pas le respect? Après avoir appris, compris et expérimenté, l’élève ou l’initié découvre sa propre autorité.
L’humain n’est libre que s’il n’obéit qu’à lui-même, à la seule condition qu’il ait une pleine connaissance des lois de "la Nature", car avant cette connaissance il serait dangereux pour tous les autres et pour lui-même.
Pour penser librement, ne faut-il pas rejeter le "principe d’autorité", consistant à se référer constamment pour légitimer sa pensée, aux auteurs du passé sans recourir au libre examen?
Ne convient-il pas de remettre en question tout ce qui nous a été inculqué, et de refondre notre connaissance individuelle sur notre propre expérience du présent, plutôt que sur les vérités d’hier?
L’autorité d’un parent sur un des enfants est-elle de l’éducation ou de l’esclavagisme? Tant qu’il reste soumis, l’enfant peut-il accéder à sa liberté d’adulte?
N’est-ce pas une marque d’infantilisme que de rester soumis toute sa vie, à son père, sa mère ou à leurs substituts (maîtres, dirigeants politiques, guides religieux et autres)? Pour accéder à la maturité de l’autonomie, ne faut-il pas s’affranchir psychologiquement de cette autorité de tutelle?
"La compétence sans autorité est aussi impuissante que l’autorité sans compétence".
(Gustave Le Bon, sociologue, Hier et demain).
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